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Lumière sur la communauté | Laurent

Honnête et hyper engagé envers le CJC, Laurent a déployé ses connaissances en comptabilité au service du CJC via ses différents rôles au conseil d’administration et au comité de trésorerie.

Laurent a vécu presque 5 ans dans les logements du CJC. Il est parti quelques mois plus tôt que prévu pour saisir l’opportunité de prendre un poste d’assistant gérant à Trois-Rivières dans l’entreprise pour laquelle il travaillait déjà.

Il y a récemment trouvé un nouveau poste qui lui convient mieux à Québec. Alors on le reverra dans nos Soupers Comm’ lorsqu’il rendra visite à ses ami·e·s du CJC. Il est toujours intéressé par les activités de cuisines collectives et celles de la vie communautaire.

Laurent, quel est ton historique avant le CJC?  

Avant d’arriver au CJC en 2021, une personne dans les salles de Narcotiques Anonymes m’a parlé du CJC. À ce moment-là, mon logement n’était pas stable. J’avais des conflits avec mon colocataire et je devais quitter mon loyer, car je savais qu’on n’allait pas renouveler notre bail ensemble. Je venais de reprendre mes études. J’ai alors appliqué au CJC pour avoir un loyer stable malgré mes faibles revenus. Je souhaitais pouvoir me concentrer sur mes études au Cégep (technique, comptabilité et gestion).

Je suis allé à la séance d’information et j’ai réussi à intégrer la cohorte de recrutement. Après j’ai passé l’entrevue avec le comité de sélection. Durant le processus, je travaillais à temps partiel et j’étais aux études durant l’hiver. Je faisais le Tremplin DEC, j’étais donc aux études à temps partiel.

À la base, ce sont principalement des raisons monétaires qui m’ont dirigé vers le CJC.



Quel est ton parcours au CJC (implications et autres)? 

Ça m’a pris un certain temps avant de m’impliquer sur le CA.

Au début, j’avais de la difficulté à cuisiner et je ne savais pas quoi faire. J’ai alors initié un projet de cuisine collective avec les locataires intéressé·e·s. Mon but était de faire de grosses quantités de nourriture une fois par semaine avec d’autres locataires et la communauté du CJC. J’étais accompagné par Clémentine Ogier qui était responsable en sécurité alimentaire. Mon objectif était de faire des recettes pour remplir le frigo à bon prix (pâtés mexicains, sushi, spag, etc.). L’activité rassemblait de 8 à 10 personnes par semaine et je m’y suis impliqué pendant près de deux ans.

Il y a aussi eu le projet de voyage en Corse.

Je suis arrivé au CJC en 2021 et c’est en février 2022 qu’on m’a invité à y participer. J’ai accepté ! C’était pour moi une opportunité que je ne pensais jamais pouvoir vivre. Je me suis impliqué en participant aux différentes activités de financement. Je travaillais et j’allais à l’école, alors je donnais du temps dans la mesure de ce que j’arrivais à faire.

Les liens que je me suis forgés en Corse sont encore très forts aujourd’hui. Les amitiés que je me suis faites durant ce voyage, deux en particulier, sont des personnes avec qui je me vois encore dans 10 ans.

Aussi, au niveau professionnel, j’ai vécu quelque chose de fort durant le projet en Corse. C’était un voyage de volontariat. On s’y engageait pour faire 25 heures de travail bénévole. Il faut savoir que je fais des meeting de Narcotiques Anonymes depuis longtemps et que j’ai longtemps été un très mauvais employé (mollasson, strict minimum, non ponctuel, etc.). Quand j’étais en Corse, je faisais mes heures avec vigueur et je voyais que pour d’autres c’était moins mobilisant. J’ai alors eu un déclic de mon propre changement, je ne voulais plus être un fardeau pour l’équipe. Cette expérience m’a donc permis de voir un reflet de mon passé.

En sommes, sur le plan professionnel et sur le plan du travail d’équipe, ce fut une expérience très enrichissante.

Pour revenir à mes implications au CJC, j’ai créé une cuisine collective, j’ai participé au voyage en Corse, j’ai siégé sur le CA (au moins 4 ans) et depuis moins d’un an, je siège sur le comité de trésorerie.

Le CA est pour moi un engagement envers les jeunes. Dans ma dernière année, j’ai volontairement fait l’aller-retour Québec/Trois-Rivières pour venir participer au CA. Il y a eu des périodes où l’engagement collectif n’était pas au rendez-vous. J’ai vu des quorums qui se sont comblés de justesse, j’ai vécu les défis d’un CA. Là je suis content, car j’ai quitté un CA qui évolue constamment. J’imagine que j’ai eu une influence positive. Je peux dire que pendant ces années, j’ai été présent pour faire avancer le CJC.

Avant cette expérience, j’avais déjà lu des procès-verbaux via la vie associative présente dans l’organisme Narcotiques Anonymes. Le fait d’avoir lu des PV avant d’arriver sur le CA du CJC rendait la chose moins intimidante pour moi. Sur le CA du CJC, j’ai appris comment bien parler pour présenter mes points. Le CA est constitué de participant·e·s bénévoles. On n’a pas d’intérêt personnel ou privé à part vouloir aider un organisme (que j’ai vraiment à cœur). Pour moi, le Centre, c’est une partie importante de ma vie et j’ai envie de redonner autant ! 


Comment décris-tu la transformation que tu as vécue au CJC ?

Je pense que je suis plus carré dans mes opinions et mes convictions. Je me suis rendu compte que je ne partage pas la majorité des opinions qui sont véhiculées au CJC.

Peu importe les idées qui viennent aux tables de discussion du CJC, on peut dire que toutes les idées sont reçues et discutées. Pour ma part, je suis capable de parler et d’échanger des idées avec des personnes qui sont très différentes de moi. Je sais aussi qu’il y a des personnes conservatrices comme moi qui sont incapables de parler avec des personnes wokes. Personnellement, je ne me suis jamais senti exclu à cause de mes idées au CJC, mais je sais que je suis une exception au centre.

Je considère que j’ai toujours été capable de parler à tout le monde. Mais je pense qu’avant j’avais moins tendance à tenir mon point. De façon générale, mon expérience et l’affirmation que j’ai pu exprimer au CJC m’ont permis de développer une confiance et un ancrage dans mes idées et mes convictions. Maintenant, je m’affirme sans détour même si je ne suis pas en accord avec certaines affaires. Avant il fallait absolument que j’arrive à ce que tout le monde ait une opinion positive de moi. Maintenant, si mon point de vue fait en sorte que l’opinion que les gens ont de moi se dégrade, et bien moi, au moins, je ne me trahis pas.

Est-ce que ton expérience au CA t’a permis de développer des outils que tu transposes aujourd’hui dans ta vie professionnelle?

Oui. Ça m’a permis de comprendre que pour faire bouger une entreprise c’est lent. Le développement se fait petit à petit. Les habitudes ne changent pas rapidement, il faut trouver le bon point de pivot et le travailler. Les décisions qui se développent sur le long terme sont mieux réfléchies. 


Est-ce que les approches PROJET de vie et DPA te servent encore aujourd’hui? 

Mon projet de vie principal c’était de terminer mes études pour avoir de meilleures opportunités sur le marché du travail.

Dans les rencontres d’accompagnement, j’en profitais surtout pour me vider le cœur sur plusieurs sujets. Et je le fais encore quand je viens faire un tour au CJC!

À l’issue d’une de ces rencontres, j’ai créé le projet de cuisine collective et cette expérience m’a permis de développer mon autonomie.

À l’époque où je consommais, j’ai eu des problèmes sur le plan financier. Quand je manquais d’argent, je ne me disais pas “je ne consomme pas”, je me disais, “je n’ai pas assez d’argent pour consommer”. Il fallait que je fasse le choix et c’était toujours la consommation qui passait en premier.

Au CJC, j’avais déjà mis la consommation de côté et le Centre m’a beaucoup soutenu dans cette démarche. Malgré tout ça, j’avais quand même des soucis financiers en arrivant. Maintenant, je peux dire que grâce au centre, j’ai trouvé un meilleur emploi et j’ai même réussi à me mettre de l’argent de côté.

Comment présentes-tu le CJC ?

Pour moi, le CJC, c’est surtout des appartements, alors, la première chose dont je parle aux jeunes, c’est le volet résidentiel.

Si tu es un jeune adulte de 22-23 ans ayant un projet d’étude qui te tient à cœur et que tu n’as pas de moyen financier, le CJC peut devenir une option intéressante pour toi. Il faut que tu sois dans une situation dans laquelle tu cherches à vivre une certaine transformation. Le projet de vie, c’est ça aussi, il faut que tu souhaites vivre une transition.


Le CJC fêtera ses 35 ans en 2027 que souhaites-tu à l’organisme et sa communauté? 

Le projet d’agrandissement!  Je le souhaite vraiment pour le centre. Le Centre a une belle mission. L’agrandissement signifie plus de logements, donc plus de jeunes qui bénéficieraient du parcours transitoire offert au CJC ! Aussi, ce que j’aime dans la possibilité de l’agrandissement, c’est que le plateau de formation Cirque du monde serait rapatrié dans le même bâtiment que le CJC. Ainsi l’agrandissement contribuerait à la cohésion entre les différentes activités proposées au CJC.

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