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Nouvelles

Lumière sur la communauté – Océane

Océane a fait un long cheminement avant d’arriver au CJC. C’est une femme extrêmement résiliente et déterminée qui a une parole vive et un bel humour! Sans entrer dans les détails de sa vie, le succès qu’elle transporte aujourd’hui est un fruit rare. Les échecs et les étapes qu’elle a traversées pour y parvenir sont vastes.

Nous avons eu le privilège de la côtoyer au quotidien durant les deux dernières années et son départ pour de nouvelles étapes de sa vie laisse un vide, mais surtout une très grande joie, car nous savons que l’avenir pour elle se présente lumineux.

Nous l’avons rencontrée dans un petit café juste avant son grand départ en appartement pour qu’elle nous raconte son expérience au CJC et ses aspirations pour la suite.


Comment as-tu découvert le CJC?

Avant d’arriver au CJC, j’étais enceinte et j’avais beaucoup de problématiques avec un milieu très difficile. Ça m’a menée à avoir une grossesse stressante. J’avais une instabilité résidentielle. J’étais au YWCA et après mon séjour, je devais trouver quelque chose pour accueillir bébé. Alors je vous ai trouvé ! Au début, je n’étais pas certaine pantoute si ça allait fonctionner pour moi ici. Je ne me souviens plus quels organisme ou intervenante m’ont référé à vous et à Mères et monde, mais j’ai finalement choisi d’essayer le CJC qui me paraissait déjà très chaleureux et sécuritaire.



Tu as été résidente au CJC un peu plus de deux ans. Peux-tu nommer tes implications et les activités que tu as préférées?

Mon Dieu, j’en ai trop ! Haha !

C’est certain qu’il y a les Soupers communautaires du CJC. Aussi, je suis très impliquée dans mon rôle pour l’entretien ménager du Dôme depuis deux ans. Je l’ai fait quotidiennement et sans lâcher! Ce n’était pas toujours facile de venir faire le ménage au CJC. Je suis fière de moi!

Ensuite, je participe à l’intercomité et aux potlucks véganes. J’aide beaucoup à la vie communautaire et associative. J’ai entre autres participé à un chalet Lac-à-l’épaule.

J’ai été impliquée pour faire le service dans des événements du CJC lors de deux Soirées Reconnaissance de la Fondation. J’ai participé à toutes les AG et les AGA du CJC et j’ai fait du bénévolat pour Nourrir Ensemble. Sans oublier les nombreuses cuisines collectives auxquelles j’ai mis les mains à la pâte !

Et dans toutes ces activités, Bébé était souvent avec moi.

Ce que j’aime le plus dans les activités au CJC, c’est la communauté et le fait de ne pas ressentir de pression.

Au début j’étais stressée, puis à force de fréquenter le Centre, j’ai bien vu que c’était comme un petit bateau avec une famille dedans. On nous y donne même le temps d’arriver et de nous adapter.

Ainsi, au début, ça n’allait pas super bien pour moi avec la réalité et l’arrivée de Bébé. Je ne connaissais personne ici et il y avait aussi la DPJ qui faisait un suivi avec moi. J’ai dû naviguer là-dedans et ce n’était pas facile. J’ai eu le temps de m’adapter et j’ai reçu le soutien dont j’avais besoin.



Que retiens-tu le plus de ton passage au CJC?


Je suis une femme résiliente et j’ai plus de valeurs que ce que je pensais au début et surtout, je suis une bonne maman malgré tout.



Ton projet de vie prend quelle forme aujourd’hui?

En gros, mon projet de vie c’est d’avoir mon enfant à temps plein. J’ai été très centrée sur mon bébé. Progressivement les éléments de changements se sont articulés autour de mon projet de vie familiale : le départ de la DPJ, la fin de ma consommation. Après 10 ans de consommation quotidienne, ça fera 3 ans, en juin, que je ne consomme plus. J’en suis très fière!

Au CJC, je n’ai pas besoin de me torcher la face pour vivre. Je me sens bien. Ça prend quand même du café. Ha ha! En plus, le café est bon au CJC!



Comment décrirais-tu ta relation globale avec la communauté du CJC (participant·e·s et l’équipe des salarié·e·s)?

Avec les employé·e·s, ben on s’aime beaucoup! Bébé et moi on va s’ennuyer du Dôme et des employé·e·s. Je pense que tout le monde nous aime et on vous aime pas mal aussi! 


On peut dire que grâce au contrat de ménage, j’ai eu la chance d’avoir une belle proximité avec l’ensemble de l’équipe.

Avec les résident·e·s, je vis un bon voisinage. Au fil du temps, parmi la communauté du CJC, j’ai développé de très belles amitiés.


À quoi aspires-tu aujourd’hui?  (Quel est l’idéal dans lequel tu aimerais te projeter)

Je suis maintenant une femme libre. Alors c’est sûr que voyager, ça a l’air bien. Mais pour l’instant, je n’envisage pas d’aller seule à l’étranger avec mon enfant. J’aimerais mieux être accompagnée par quelqu’un·e en qui j’ai vraiment confiance. C’est tout de même un projet qui m’allume.

Pour l’instant, juste avoir mon appart me comble. J’aimerais aussi faire du bénévolat pour des personnes vulnérables. Un jour, j’aimerais peut-être devenir intervenante en travail de rue, car j’aime vraiment aider le monde. En même temps, je sais que c’est dur et je sais qu’il n’y a pas beaucoup de succès. Comme moi par exemple, ma TR me dit qu’elle n’en revient pas de mon succès. Elle me dit qu’elle s’en réjouit, car il n’y en a pas beaucoup. Plus souvent c’est la mort plutôt que la réussite.

Cela dit, pour moi, le déménagement et la stabilité avec mon bébé me comblent pour le moment. Je suis arrivée à une nouvelle étape de ma vie et mon départ du CJC en fait partie. Je vais quand même continuer à fréquenter le CJC pour visiter l’équipe et participer à des activités (souper Comm, potluck végane, BBQ estival, etc.).



Comment décrirais-tu le CJC à une connaissance qui pourrait en avoir besoin? 

Ça dépend, il y a des gens qui en ont besoin, mais ils ne sont pas toujours prêt·e·s.

Je dirais que l’équipe du CJC est là pour l’accompagner dans un projet de vie. Il y a des studios et des chambres. C’est communautaire, c’est cool, mais il faut savoir qu’il y a beaucoup de bruit.

Chaque premier jeudi du mois, il y a une séance d’info au CJC.

J’en parlerais surtout à du monde pour qui je sais que ça marcherait. Je pense vraiment qu’il y a des personnes qui ne sont pas prêtes. Comme moi par exemple, 5 ans plus tôt, je ne l’étais pas. Je n’étais pas stable, j’étais au YWCA, et ça m’a pris au moins 5 fois avant de ne pas me faire mettre dehors. Ça prend du temps et une petite discipline. Au CJC, ce n’est pas une chambre de 30 jours, c’est un contrat d’au moins 1 an. Alors, pour les jeunes qui sont dans la rue, je leur recommanderais de passer d’abord par le YWCA pour faire un premier 30 jours et ensuite ils pourront penser à venir au CJC. Selon moi, ce processus vise le succès plutôt que l’échec. 

Je dirais enfin que le CJC est une bonne base pour les personnes qui souhaitent transitionner vers un vrai appartement. 

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